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Jeudi soir lors du Conseil municipal, s’est tenu pendant 3 heures le débat sur le budget prévisionnel pour l’année 2012. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les décisions qui
seront prises en 2012 viennent sérieusement remettre en cause la tonalité des discours portés depuis trois ans par la municipalité.
Concernant l’endettement et les emprunts. Il y a quelques semaines, la mairie communiquait massivement sur le thème « nous avons désendetté la ville ». Objectif de l’opération : essayer d’inscrire durablement cette information dans l’esprit des Montreuillois, pour mieux cacher la suite. Car la réalité est que la ville va se rendetter, et ce dès 2012 !
Alors que la municipalité avait eu besoin d’emprunter 20 millions d’euros en 2011 pour boucler son budget, la somme passera à 40 millions pour l’année 2012. Le double donc !
Des investissements « au doigt mouillé ».Le mois dernier, lors du débat d’orientation budgétaire, on se souvient de l’épisode tragi-comique où l’on nous annonçait dans la même soirée tantôt 43, tantôt 45 et tantôt 49 millions d’euros d’investissement pour 2012. Jeudi soir, le chiffre finalement arrêté pour les investissements de 2012 se montait à 50,1 millions d’euros. Soit 7 millions d’écart en un mois d’intervalle. Cela ne donne pas l’impression de beaucoup de sérieux.
Et l’on comprend que pour financer 50 millions d’investissement, la ville en empruntera 40, tandis que le produit issu de la seule hausse des impôts locaux pour 2010 et 2011 aura rapporté 11 millions d’euros. On est loin de « l’assainissement des finances de la ville ».
Quant aux investissements programmés, nos lecteurs trouveront sur ce blog de nombreux articles qui expliquent par le détail nos réticences et nos craintes.
Des hausses et des baisses qui interrogent. Si la majorité municipale aime à présenter les « dépenses en hausse » (censées témoigner d’un volontarisme politique), elle n’aime pas qu’on lui parle de ses baisses.
Pourtant les chiffres sont têtus : baisse de 40% des budgets d’investissement pour la Culture (2M€ en 2011 contre 1,05M€ en 2012) et pour le Logement (1,1M€ en 2012 contre 1,8M€ en 2011).
Quant à la baisse de 42% du budget « études urbaines », elle révèle à elle seule la gestion « par à-coups » que dénonçait pourtant Dominique Voynet lors de son élection en 2008. Cela illustre en effet un certain renoncement à la prévision de long terme. La majorité municipale a hélas renoncé à s’inscrire dans des projets structurants, de longue haleine et préfère se cantonner à un cadre temporel électoral, voire électoraliste.
En conséquence, la situation ne divergera pas des mandats précédents : « des vaches maigres » et des économies drastiques pendant les trois premières années du mandat, puis la réouverture des vannes de la dépense avant les élections, ce qui obligera inévitablement à se relancer dans de nouvelles économies drastiques au début du prochain mandat en 2014.
Quant aux hausses présentées, elles interrogent parfois. Ainsi, on nous annonce 42% d’augmentation du budget « Environnement et développement durable ». Le pourcentage impressionne. Mais comme l’a rappelé le rapporteur du budget lors d’une réunion préparatoire : « 42% c’est beaucoup mais comme c’est un petit budget, en fait ça reste des petites sommes ».
Par ailleurs, le budget du Centre communal d’action sociale (CCAS) n’augmente que « facialement » en comparant les budgets prévisionnels de 2011 et 2012. Mais dans la réalité, on sait que la somme prévue l’année dernière au budget prévisionnel 2011 a été abondée par des rallonges financières votées au cours de l’année 2011. Et quand on additionne la somme initialement prévue en 2011 avec les rallonges financières votées pendant l’année, on en arrive finalement à constater que le budget 2012 du CCAS sera à la même hauteur.
Des dépenses qui interrogent. D’autres éléments nous intriguent, comme ces lignes dédiées à des financements versés à des personnes de droit privé, des associations ou des prestataires extérieurs. Pour la direction des solidarités, cela représente la somme de 1 million d’euros au total. Une telle somme ne cacherait-elle pas quelque délégation de service public non avouée ?
Ce budget ne joue pas non plus la transparence dont se prévaut sans cesse la municipalité. Ainsi par exemple, les dépenses de communication sont cachées dans des lignes financières nombreuses et aux appellations plus que vagues. Malgré quelques acrobaties comptables, personne n’est dupe et les Montreuillois ont pu constater depuis quelques mois l’explosion des événements, cérémonies, réceptions et autres communications sur papier glacé.
Enfin nous reviendrons prochainement sur les subventions aux associations qui elles aussi ne sont pas sans poser quelques questions.
Des choix que nous ne partageons pas. Ce budget est finalement le prolongement des actions et des choix d’investissement amorcés par la majorité municipale tout au long de l’année 2011.
Depuis plusieurs mois, nous avons formulé des propositions pour tenter de réorienter certaines décisions, pour inciter Dominique Voynet et son équipe à adopter d’autres méthodes et pour aider la municipalité à mieux hiérarchiser ses priorités. Mais invariablement, elles ont toutes été rejetées.
Nous regrettons les caprices et les projets pharaoniques. Il aurait mieux valu se concentrer sur l’amélioration du cadre de vie actuel des Montreuillois. Il y a pourtant beaucoup à faire pour améliorer l’existant. Mais ce quotidien-là ennuie Dominique Voynet. Il n’est peut-être pas assez « médiatique ».
Pourtant, les Montreuillois apprécieraient qu’on rénove en priorité les écoles de leurs enfants, les chaussées et trottoirs défoncés, les bibliothèques de quartier, les centres de santé, les gymnases... Ils apprécieraient aussi qu’on leur propose enfin une solution pour faciliter les déplacements dans la ville, comme pourrait y aider la mise en place d’une navette inter-quartiers (qui fut pourtant une promesse de campagne électorale).
Oui, l’argent est rare, mais pour autant il ne manque pas.Les choix de dépenses effectués par la majorité municipale en témoignent.
Pour notre part, nous avons voté contre ce budget 2012 qui entérine des investissements discutables (voire inacceptables) et des politiques publiques dont on peine à deviner en quoi elles contribueront à améliorer le quotidien des Montreuillois.
Pour aller plus loin
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