Partager l'article ! Cantonales : Montebourg et Bartolone avec Manuel Martinez: Cantonales : Montebourg dans le 9-3… sur un air de primair ...
« C'est le gratin ici, le haut du panier. » Sous le regard curieux des passants, Arnaud Montebourg et Claude Bartolone se dégagent de l'arrière d'une Peugeot 206 grise pour pénétrer dans « L'Amourette », bonne table de Montreuil. A défaut d'idylle, les deux socialistes affichent au moins leur entente ce mercredi midi, pour les élections cantonales en Seine-Saint-Denis. Et un peu plus.
Claude Bartolone est chez lui. « Monsieur le président du conseil général » fait campagne pour le sortant Manuel Martinez, candidat investi par le Parti socialiste dans le canton ouest de la ville.
Arnaud Montebourg aussi dirige un exécutif départemental, mais dans la Saône-et-Loire. Et s'il est sorti de son fief, c'est pour apporter son soutien au même camarade, mais également pour qu'on l'appelle un jour « monsieur le président de la République ». Les primaires socialistes auxquelles il concourt ne sont jamais loin dans son esprit.
Avec eux autour d'une grande table à l'étage, ledit candidat, la suppléante Christine Pascual, la conseillère municipale Mouna Viprey, une dizaine de représentants de la vie socio-culturelle de Montreuil. Ainsi que quatre journalistes, dont deux de Canal + qui tournent un documentaire… sur les primaires.
Ni apéritif ni entrée, on passe directement au plat de résistance. Bavette pour le Séquano-Dionysien, tartare de bœuf pour le Saône-et-Loirien. Et défense du collège pour les deux, l'une des principales prérogatives des départements. Le local attaque fort, chiffres à l'appui :
« L'année prochaine, on attend 1 000 collégiens supplémentaires et on nous supprime 40 postes, alors qu'aujourd'hui, sur le brevet, on est dix points en dessous de la moyenne nationale. »
Arnaud Montebourg acquiesce en se réajustant la cravate, qu'il est le seul à porter avec son collègue de l'Assemblée nationale :
« Nous, c'est pareil, on nous supprime les bureaux de poste, les médecins, les maternités… »
Les plats arrivent en même temps que le mauvais quart d'heure de Dominique Voynet. Que vient faire la sénatrice-maire écologiste de Montreuil dans les discussions ? Elle est l'anti-symbole de l'union de la gauche prônée par les deux hommes.
Elue en 2008 à la tête de la seule ville de plus de 100 000 habitants détenue par Europe Ecologie - Les Verts, grâce à une alliance avec des socialistes dissidents, elle a retiré en 2010 les délégations accordées à ces derniers, pour avoir protesté contre la hausse des impôts locaux qu'elle a instaurée.
Arnaud Montebourg est désolé, mais pas étonné :
« C'est lié à sa personnalité. Elle a fait la même chose à Dole, dans le Jura, où elle était élue avant. Elle a réussi à en faire un fief de droite ! »
« Joker », objecte Claude Bartolone quand on lui demande de se prononcer sur Dominique Voynet. Tout juste maugrée-t-il : « J'en ai pour trois heures sinon… Quel gâchis humain… » Mouna Viprey, qui fait partie des élus punis, se montre un peu plus prolixe :
« Il y a un accord Verts/PS pour les cantonales partout dans le département, sauf à Montreuil et à Aulnay. Rien ne dit que Dominique Voynet soutiendra Manuel Martinez s'il est au second tour, vu comme elle nous tape dessus au conseil municipal… »
La suite sur le site internet de Rue89
Pourquoi les élus RSM ont refusé de voter la hausse des impôts
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