Samedi se tiendra la nouvelle édition de La « Journée des associations montreuilloises ». C’est une belle
occasion pour les nombreux acteurs associatifs de notre ville de présenter leur travail, et de partager leurs projets avec de nouveaux adhérents et bénévoles.
Un effort d’autant plus nécessaire qu’hélas, les associations ne se portent pas bien. Cela est vrai au plan national car toutes
connaissent des difficultés de différentes natures : baisse de subventions, insécurité juridique grandissante, crise du bénévolat, difficultés à renouveler les dirigeants…
Et pourtant leurs actions dans les domaines de l’éducation populaire, la santé, la solidarité, l’insertion, les loisirs, la
coopération Nord-Sud, les activités sportives et culturelles… constituent une force du pays et sont l’exemple même des réussites nées de l’enthousiasme, du militantisme et souvent d’un dévouement
total.
La Révision générale des politiques publique (RGPP), si chère à Nicolas Sarkozy et à son gouvernement, n’en a que faire et broie
toutes ces solidarités. Ainsi, l’effondrement des crédits alloués dans le cadre du Contrat urbain de cohésion sociale contribue à faire reculer la lutte contre les inégalités dans nos quartiers,
et ce malgré les cris d’alerte des élus locaux et des collectifs d’associations citoyennes.
Outre sa force collective inestimable, le milieu associatif représente aussi un atout économique non négligeable. Malgré cela,
le gouvernement semble ne considérer ce secteur que comme un poids insupportable dont il faudrait se délester, à l’image de sa ténacité à casser les services publics. Autant de reculs sociaux
pour notre pays.
Très précisément, la circulaire Fillon, ainsi que plusieurs directives européennes en cours de révision, visent à réduire les
associations à de simples sous-traitantes, les faisant passer du statut de partenaires à celui de prestataires des pouvoirs publics, au mépris de ce qui est l’essence même du mouvement associatif
: un projet collectif, un engagement désintéressé, une liberté et une indépendance garanties.
A Montreuil, nos quelque 1.500 associations (dont environ 50 % ont une activité régulière) ne sont pas épargnées par ces
mesures. Jusqu’à présent, elles pouvaient compter sur un soutien actif de la municipalité pour les orienter dans leurs démarches, bénéficier de formations poussées et obtenir une aide technique
bien utile.
Il y a quelques mois, la municipalité a annoncé sa volonté d’engager une réforme profonde de sa politique associative. Dans un
contexte national dégradé, pourquoi pas, s’il s’agit toutefois de lutter contre les ravages de la politique de Sarkozy.
Mais les « projets » de refonte du service municipal des relations avec la vie associative présentés par l’élu en charge de
secteur, que ce soit en conseil municipal ou lors de réunions avec des associations nous laissent perplexes. Les annonces et mesures qui se profilent ne semblent pas aller - malheureusement - dans le sens d’un soutien accru au mouvement associatif local.
L’idée de renforcer la dimension « centre de ressources et de documentation » de la Maison des associations n’est pas
contestable en soi. C’était d’ailleurs l’un des objectifs que défendait Alexandre Tuaillon quand il était adjoint à la vie associative, et qui
s’était traduite par exemple, dès 2009, par le doublement des crédits alloués à la formation des dirigeants associatifs et à la mise en place de modules de formation juridiques et
fiscaux.
Mais il serait dangereux de minimiser un autre aspect du rôle du service de la vie associative : la gestion du quotidien, le
service rendu au jour le jour aux associations de notre ville.
Ce travail de soutien, les aides diverses – y compris les petites qui sont souvent d’un grand secours ! –, les bons conseils
pour régler un litige, modifier les statuts ou tenter de trouver un partenaire pour son projet… Voilà autant de services « invisibles » (mais tellement précieux !) qui sont rendus depuis des
années par la Maison des associations et qui satisfont les bénévoles débordés !
Certains peuvent considérer de manière hautaine qu’il s’agit là de « petits services du quotidien » qui ne seraient pas à la
hauteur des « grandes » ambitions d’une ville de plus de 100. 000 habitants. Mais ce serait commettre une grave erreur de nier qu’une telle action de proximité facilite grandement la tâche de
responsables associatifs écrasés par des normes et des règlements toujours plus nombreux qui pèsent sur leurs épaules.
Une politique associative municipale efficace doit marcher sur deux jambes : d’un côté, un accompagnement et une proximité sans
faille pour le quotidien, de l’autre une plateforme de ressources permettant de mieux anticiper, de mieux s’organiser, et de mieux se protéger.
Cette écoute, cette disponibilité permanente pour la vie associative a contribué à la spécificité et au dynamisme du tissu
associatif montreuillois.
C’est aussi parce que la Mairie de Montreuil, depuis de nombreuses années, a toujours agi très concrètement pour soutenir et –
insistons - simplifier la vie des associations de notre ville, qu’elles sont si nombreuses à répondre présentes à l’appel de la municipalité à chaque occasion, festive ou citoyenne.
Des réformes de la politique municipale en faveur des associations sont possibles, car il faut toujours poser comme principe
qu’il est possible de faire mieux. Mais elles ne doivent pas faire table rase du passé, ni aboutir à une politique associative « hors sol », complètement déconnectée des besoins criants des
associations.
Sur ce sujet comme sur d’autres, nous invitons vivement la municipalité à ne pas s’enfermer dans une vision « technocratique »
de la vie locale comme elle le fait hélas dans trop de domaines de la vie locale (vie des quartiers, citoyenneté, solidarités).
Sans moyens financiers et humains, sans soutien au quotidien, la vie associative montreuilloise ne pourra qu’étouffer à brève
échéance. Pour notre part, nous resterons vigilants, aux côtés des associations, pour que la méthode municipale habituelle ne vienne pas ici aussi, saper les fondements de notre identité
collective.
La Journée des associations
montreuilloises se déroulera le samedi 24 septembre à partir de 14h00 sous la halle du marché de la Croix-de-Chavaux. Une très belle occasion pour découvrir la richesse du monde associatif
montreuillois !
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