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Montreuil : le parc aquatique déjà à la dérive Pour savoir quelles ont été les dépenses et recettes d’une ville l’année précédente, il est toujours intéressant de passer un peu de temps sur un document officiel de quelque 235 pages qui s’appelle « le compte administratif ».
Concernant les recettes de la Ville en 2010
D’abord, deux bonnes nouvelles sont venues aider Dominique Voynet à boucler son budget l’année dernière.
Certes, l’équipe municipale n’y est pas pour grand-chose, mais la majorité s’en félicite tout de même, suivant ainsi l’adage shakespearien « ce qui ne peut être évité, il faut l’embrasser ».
Les impôts locaux.Il faut savoir que la fiscalité représente près de 70% des recettes de la ville. On se souvient que le grand débat de l’année 2010 avait porté sur la hausse des impôts locaux décidée par Dominique Voynet.
A l’époque, nous étions dans sa majorité. Nous n’étions pas convaincus de la nécessité d’augmenter les impôts locaux en pleine période de crise économique. On sait que les impôts locaux frappent nos concitoyens de manière aveugle car ils ne tiennent pas réellement compte de leurs revenus. Il faut donc les manier avec précaution.
Perplexes face aux explications de Dominique Voynet pour justifier une hausse des impôts (et ainsi jeter aux orties une promesse de campagne électorale), nous nous y étions opposés. Ce qui lui déplut fortement et l’incita à nous éjecter de sa majorité, pour mieux gouverner seule une majorité de moins en moins plurielle.
Au final, le compte administratif 2010 nous apprend que ce sont environ 6 millions d’euros supplémentaires qui auront été levés par la hausse des impôts locaux, soit environ 20% de plus que ce qui était prévu et annoncé. Et comme les taxes sur les ordures ménagères ont aussi augmenté, voilà donc une double bonne nouvelle pour la municipalité qui devient plus riche que prévu !
En revanche, les nombreux Montreuillois que nous rencontrons chaque semaine apprécient peu d’avoir à faire des coupes supplémentaires dans le budget de la famille, afin d’assumer cette nouvelle hausse, qui place désormais Montreuil parmi les villes où les impôts locaux sont les plus élevés de France.
Recettes diverses. La Ville tire aussi une partie de ses recettes de services (payants) ou de biens qu’elle met à disposition des Montreuillois. La majorité municipale espérait en tirer 15,5 millions d’euros. Mais son optimisme a été douché par la froide réalité du bilan 2010 : il manque 4,5 millions d’euros sur les recettes attendues. Pourquoi un tel écart entre les prévisions et la réalité ? Silence radio.
Même problème avec les recettes issues des amendes de stationnement. Près de 30% d’écart entre ce qui était espéré par la ville et ce qui a réellement été encaissé. Pour autant, cela ne signifie nullement que les automobilistes respectent plus le code de la route. Il n’est qu’à se promener dans Montreuil pour constater qu’il y a toujours autant de véhicules mal garés. Alors d’où vient une telle baisse des recettes des amendes de stationnement ? Peut-être de la faiblesse des effectifs des agents en charge surveiller la voie publique (et de verbaliser…) ou de leur emploi à bien d’autres missions que celles de faire respecter le stationnement. Mais cela, pas question pour l’équipe municipale de le reconnaître !
Concernant les dépenses de la Ville en 2010
Qu’a fait l’équipe municipale de Dominique Voynet de l’argent reçu en 2010, quelles ont été les dépenses ?
Rembourser un peu de dettes. D’abord, une partie des fonds a été utilisée pour rembourser de la dette. Pourquoi pas, c’est un choix politique après tout. Cela lui permettra de faire un peu de communication sur le thème « nous désendettons la ville ». Mais on sait qu’en 2010, aucun des projets lancés par la Maire n’a encore été intégré dans les comptes. Cela ne commencera qu’en 2011. On peut donc s’attendre à ce que le petit remboursement de dette de la ville en 2010 (12,7 millions d’euros) n’annonce inévitablement une hausse de celle-ci dès 2011.
Pour mémoire, pour ne citer que quelques-uns des futurs chantiers : parc aquatique écologique de plein air (22 millions d’euros), école de l’avenue de la Résistance (16 millions d’euros), réaménagement de l’ancien collège Eluard (8,5 millions d’euros), Pavillon des Arts (1,5 million d’euros), aménagement d’un éco-quartier baptisé « Les Hauts de Montreuil » (plusieurs centaines de millions d’euros), etc.
Tout cela, il faudra bien le payer dans les années qui viennent. Et comme à chaque Conseil municipal nous constatons que les budgets des chantiers lancés par l’équipe municipale ne cessent de dépasser le montant prévisionnel, les Montreuillois ne seront donc pas dupes de ce petit désendettement opéré en 2010.
Améliorer les conditions de travail des agents municipaux. Le rapporteur des finances s’est félicité des efforts réalisés par la mairie pour « maintenir le pouvoir d’achat des agents municipaux » et rénover leurs locaux de travail. Nous reconnaissons sans difficulté ces avancées. Mais nous encourageons l’équipe municipale à ne pas se contenter d’ouvrir le carnet de chèques. La souffrance au travail, décrite à longueur de rapports de la médecine du travail ou de tracts syndicaux, ne doit pas être éclipsée par des annonces financières. Elle interroge au contraire sur une politique municipale des ressources humaines de plus en plus violente, et sur une crise de gouvernance qui touche l’administration communale à tous les niveaux de la hiérarchie, aboutissant à un « sauve qui peut » général.
Baisse de moyens de fonctionnement pour un secteur « prioritaire ».Quand on compare certains budgets de 2010 avec ceux de 2009, on découvre ainsi que le sport et la jeunesse auront été victimes de coupes drastiques en 2010, affichant un budget de fonctionnement en baisse de 900.000 euros (par exemple 50.000 euros de moins pour les colonies de vacances). La baisse est conséquente, et l’on s’interroge sur l’adéquation entre le discours et les actes d’une maire qui ne cesse de répéter que « la jeunesse est une priorité du mandat ».
La politique municipale en faveur des populations Roms en question. Certes, le sujet fâche et il est parfois instrumentalisé de manière assez détestable par certains élus (y compris de gauche), mais cela ne doit pas empêcher de regarder le dossier avec lucidité. Que penser en constatant qu’une des associations partenaires de la ville dans le cadre de la politique municipale en faveur des populations Roms, a vu sa subvention augmenter de 350% entre 2009 et 2010, atteignant désormais 350.000 euros d’aide publique municipale ? N’est-il pas temps de remettre à plat un peu ce dossier ? Hélas il y a fort à parier que ce n’est pas la « mission d’évaluation » lancée l’année dernière qui permettra de le faire, tant la majorité municipale se plaît à en faire trainer les travaux et à en limiter les moyens d’investigation.
En conclusion, ce document présenté lors du Conseil municipal du 23 juin permet de voir dans les grandes lignes, comment ont été ventilées les dépenses et les recettes de notre ville en 2010. Après avoir compulsé avec attention ce document, et l’avoir comparé avec celui de l’année précédente, nous avouons notre perplexité.
Une fois de plus les priorités politiques de l’équipe municipale interrogent. Et au final les Montreuillois peuvent légitimement continuer de s’interroger sur le sens de la hausse des impôts locaux décidée l’an dernier. Ils risquent bien de ne toujours pas comprendre à quoi cela aura servi et en quoi leur quotidien en aura été amélioré.
Pour aller plus loin
Le coût des chantiers de la municipalité explose
Le parc aquatique, déjà à la dérive...
Un budget 2011 très loin des besoins des Montreuillois
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