Partager l'article ! L’école de l’avenue de la Résistance continue d’interroger: Lors du Conseil municipal du 31 mars dernier, le marché de maîtrise d'œuvr ...
Lors du Conseil municipal du 31 mars dernier, le marché de maîtrise d'œuvre pour les travaux de
construction d'un nouveau groupe scolaire, d'un centre de loisirs et de l'aménagement d'un jardin public était soumis au vote des élus. C’est le fameux projet dit de « l’îlot 104 »,
avenue de la Résistance.
Ce projet devait être initialement bâti en lien avec le projet de nouvelle école dans le bas-Montreuil. Entre 2009 et 2010, les services de l'urbanisme et de l'éducation ont travaillé très sérieusement avec Manuel Martinez et Mouna Viprey pour faire avancer le dossier de ce second projet d'école. Mais avec l’exclusion des élus RSM en mars 2010, Dominique Voynet s’est empressée de remettre en cause la création d’une nouvelle école entre Berthelot et la maternelle Marceau.
Aujourd'hui, la réalité lui donne tort. Les effectifs explosent et la situation devient préoccupante. Pour ne prendre que l'exemple de la maternelle Berthelot, une ouverture supplémentaire de classe en septembre prochain est prévue et il n'y a plus de place pour des dizaines d'autres enfants alors que c'est leur école de secteur.
La manière de gérer ce dossier des écoles à Montreuil laisse dubitatif. La gestion de la construction de l'école de l'avenue Résistance est surréaliste. Trois paramètres illustrent une certaine irresponsabilité.
Absence flagrante de concertation avec les riverains
Les riverains avaient reçu l’assurance qu’ils seraient associés de près au projet. Au final, il n’en a rien été.
La maire et sa majorité considérant que toute demande de concertation citoyenne est une manipulation de groupuscules politiques, elle a d’emblée tenté de délégitimer la protestation.
Mais les riverains ne s’opposent pas à la construction d’une école en tant que telle. Ils ont des revendications, des inquiétudes, des souhaits et ils demandent à en parler avec la mairie, pour tenter de trouver une solution qui satisfasse tout le monde.
Lors du conseil municipal de février, l’adjointe à l'éducation avait fini par admettre cette absence totale de concertation, et l’avait justifiée par la nécessité d’aller vite. C’était confondre vitesse et précipitation…
Une inquiétude sur les délais
Au Conseil municipal du 11 janvier, nous avions demandé à la Maire et à son adjointe à l’éducation pourquoi elles avaient prévu une enveloppe de 3,5 millions d’euros dès l’année 2011, alors même qu’aucun coup de pelle ne pourrait être donné avant la toute fin d’année sur le terrain de l’avenue de la Résistance.
Et pour cause ! A partir de septembre 2011, pendant plusieurs mois, il est normalement prévu que le centre de loisirs Résistance soit occupé par les élèves de l’école Jules Ferry 1 qui viendraient y prendre leur repas pendant la reconstruction de leur propre réfectoire. De plus, le permis de construire n'est pas encore signé.
La Ville est-elle en mesure de garantir une ouverture de l’école pour la rentrée 2013 ? Elle l’affirme.
Nous demeurons inquiets pour la scolarisation des petits Montreuillois du secteur et n’avons à cette heure pas encore la certitude que la mairie ne leur imposera pas de traverser au quotidien toute la ville pour rejoindre une école où il resterait peut-être de la place pour les accueillir.
Sur le projet en lui-même
Dans la délibération présentée le 31 mars dernier en Conseil municipal, les élus avaient finalement bien peu d’informations pour pouvoir se prononcer en toute connaissance de cause. Dans le texte soumis aux élus, on ne trouve pas grand-chose, si ce n’est la liste des noms et adresses des trois équipes d'architectes sélectionnées et ayant présenté des projets finalisés. Pourquoi ne pas avoir présenté au Conseil les 3 projets sélectionnés par le jury afin que chaque élu puisse se faire sa propre opinion ? Curieuse absence de transparence…
C'est une litote que de dire que le choix du jury n'a pas fait le consensus de ses membres. La communauté éducative dans son ensemble, les futurs parents d'élèves, les riverains comme les élus du Conseil municipal doivent connaître les détails du projet retenu.
Mouna Viprey, qui siégeait au sein du jury avait d’ailleurs fait part de ses fortes réserves sur le procédé mais surtout quant au choix final qui fut obtenu « à l'arrachée ». Ceci avait semble-t-il fortement déplu à la Sénatrice-maire qui lui avait adressé quelques heures après la réunion du jury, une lettre la menaçant de poursuites judiciaires.
Plus fâcheuse est la suite. En visitant le site internet de la société retenue par le jury, on découvre depuis le 10 mars 2011 dans la partie « références », que l’entreprise se targue déjà d’avoir obtenu le marché pour la construction de la future école.
Le problème c’est que le Conseil municipal qui décide officiellement de l’attribution (ou non) du marché à cette entreprise, ne se réunissait que le 31 mars...soit 21 jours plus tard !
De deux choses l’une. Soit l’entreprise a outrepassé ses droits et il revient à la mairie de dénoncer fermement ce type de procédés.
Soit la Sénatrice-maire de Montreuil considère que le Conseil municipal est une simple chambre d’enregistrement et que toute décision qu’elle propose aux élus est acquise, quelles que soient les circonstances et conditions. Dominique Voynet estime-t-elle « tenir » suffisamment tous les élus de sa majorité pour s’assurer d’une majorité absolue, quel que soit le projet qu’elle leur soumettra ?
Voilà une bien curieuse façon de considérer le libre-arbitre d’élus de la République, quand bien même ils appartiennent à une même majorité…
La morale de toute cette histoire, c’est que Dominique Voynet a une nouvelle fois choisi le passage en force plutôt que la co-construction et le dialogue. Elle a privilégié l’opacité à la transparence, laissant ainsi les pires rumeurs se développer dans la ville.
Avec de telles méthodes, il est à craindre que des recours soient déposés contre ce projet, ce qui risque de retarder encore un peu plus la construction d’une nouvelle école en centre-ville. Cela aurait certainement pu être évité par quelques semaines passées à dialoguer sincèrement avec les principaux protagonistes concernés par ce projet. C’était visiblement trop demandé.
Pour aller plus loin
Les écoles font débat au Conseil municipal de février
Budget 2011, les écoliers sacrifiés
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