Partager l'article ! Le premier adjoint de Voynet claque la porte: Bruno Saunier quitte la majorité écologiste et ne cache pas son amertume. Pour lui, la municipali ...
Bruno Saunier quitte la majorité écologiste et ne cache pas son amertume. Pour lui, la municipalité ne sait plus où elle va et n’est
plus comprise par la population.
Après la défaite de sa candidate aux cantonales de mars, c’est un nouveau coup dur pour la maire écologiste de Montreuil, Dominique Voynet. Ce soir, le conseil municipal, qui se réunit à 19 heures, officialisera la démission de son premier adjoint chargé de l’urbanisme, Bruno Saunier, et choisira son successeur*. Celui qui faisait partie du premier cercle de la maire quitte la majorité et siégera comme non inscrit.A 50 ans, il reprend son activité d’enseignant à plein temps. Amer, il revient sur sa décision, effective depuis début avril.
Pourquoi démissionner?
BRUNO SAUNIER. Je n’ai pas d’opposition sur le programme que l’on défend mais pour moi, ce n’est plus possible. Sur la façon de faire, on est en train de s’éloigner de façon
importante du projet initial. On n’est plus compris par la population. J’habite dans le Haut-Montreuil et depuis un an je me fais engueuler en permanence. Il n’y a pas de cohérence politique.
Moi-même, je ne comprend plus où on va, je ne suis plus en phase avec la majorité, je ne me reconnais plus dans l’équipe.
Dominique Voynet vous a choisi comme premier adjoint il y a à peine un an…
Oui, mais j’ai le sentiment de n’avoir jamais été 1er adjoint, de n’avoir jamais eu la capacité de pouvoir entrer dans le vif du sujet. J’avais toutes les difficultés à rencontrer la maire. Et
lorsqu’en août j’ai contribué à mettre en place la plate-forme citoyenne de soutien aux Roms, elle l’a remise en cause. En fait j’ai eu une promotion de général soviétique qu’on donne quand on
veut se débarrasser de quelqu’un.
Dans quel domaine, selon vous, ça ne va pas?
On est loin du compte sur l’action sociale, sur la gestion du personnel communal. On est dans un grand flou pour tenir une ligne sur les questions scolaires, les logements sociaux par exemple.
Comme si cette politique n’était pas assumée et comprise par les élus eux-mêmes.
Votre constat est-il partagé par d’autres élus?
Pour qu’il soit partagé, il faudrait que l’on puisse se réunir. Or, depuis le départ des ex-socialistes (dix élus, dont cinq adjoints, partis en mai 2010 pour avoir contesté une hausse des impôts
locaux), il n’y a pas eu de réunion de groupe digne de ce nom. Les discussions se font dans les couloirs, il n’y plus de mise en commun, pas de construction et de cohérence. Lorsque Mouna Viprey
était première adjointe, il y avait des débats animés mais les choses se disaient. Depuis un an, tout est géré entre la maire et chaque élu individuellement. A ce titre, je ne vois aucune
différence avec l’ancienne municipalité. Je suis également en désaccord profond avec la façon dont on traite l’opposition.
Qui est responsable?
Si cela fonctionne comme cela, c’est lié à la personnalité de la maire, mais aussi à ceux qui l’entourent, son cabinet, les autres élus qui ne se posent pas les mêmes questions que moi. La
population comme le personnel communal ne sont pas écoutés.
Comment voyez-vous l’avenir de cette majorité?
Je suis persuadé que la capacité à gagner les prochaines élections est très largement entamée.
* Egalement démissionnaire ce soir, Patrick Petitjean renonce à sa fonction d’adjoint à la rénovation
urbaine pour raison professionnelle. Il reste néanmoins conseiller délégué à la vie associative et à la démocratie locale.
PROPOS RECUEILLIS PAR JULIEN DUFFÉ | LE PARISIEN l Publié le 12.05.2011, 07h00
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