Dimanche 13 février 2011 7 13 /02 /Fév /2011 13:50

Arbitre carton rouge 1Ordre du jour léger et technique pour le dernier Conseil municipal avant les élections cantonales du bas-Montreuil. Dominique Voynet n’avait visiblement pas envie de prendre de risques politiques à quelques semaines de ces échéances électorales. Cela devient une habitude. L’année dernière, elle avait attendu que les élections régionales soient passées avant de faire voter la hausse des impôts locaux par sa majorité.

 

Après le vote d’une motion de soutien à la communauté éducative, la séance fut suspendue pour laisser la parole à l’Association montreuilloise des usagers des transports collectifs (AMUTC) qui souhaitait exposer les dernières évolutions du dossier « Arc Express », le grand réseau de transports du futur en Ile-de-France.

 

Marché d’ascenseur, cession de trottoirs, rapports d’activités de différents syndicats intercommunaux composaient donc l’essentiel du menu de la soirée. Malgré le caractère technique des dossiers présentés, quelques points ont fait l’objet de discussions animées pendant lesquelles la maire s’est néanmoins laissée aller à quelques attaques personnelles frisant parfois l’insulte à l’encontre de conseillers municipaux de l’opposition.

 

Nous aurons l’occasion dans les jours prochains de revenir en détail sur l’ensemble des sujets qui ont été débattus. Commençons par le point central des discussions de la soirée : les écoles de l’îlot 104 et du bas-Montreuil, ainsi que le projet de nouveau collège.

 

 

Ecole avenue de la Résistance : refus de dialogue

 

Une délibération portait sur le projet dit de « l’îlot 104 », la future école qui doit être construite avenue de la Résistance. Manuel Martinez, au nom du groupe Renouveau socialiste à Montreuil (RSM) a d’abord tenu à dénoncer le manque de concertation de la municipalité sur ce projet.

 

En octobre 2010, les riverains qui commençaient à se faire entendre, avaient reçu l’assurance qu’ils seraient associés de près au projet. Au final, il n’en a rien été. Pire même, le 5 février dernier, face à la grogne montante, la mairie s’était enfin décidée à organiser une réunion de « concertation » avec les habitants. Mais pour s’épargner une réunion trop houleuse, ces derniers n’ont été conviés que quelques heures auparavant. La municipalité espérait ainsi que beaucoup d’habitants ne puissent se déplacer, prévenus trop tardivement. Ils étaient toutefois une soixantaine.

 

On a même vu circuler un mail de l’un des élus de la majorité, battant le rappel des troupes et exhortant les « soutiens » de la municipalité (qui étaient d’ailleurs bien peu nombreux à la réunion) à prendre part au débat. Méthode un peu surprenante de la part d’une municipalité qui se veut l’initiatrice d’une nouvelle vitalité démocratique et participative… Mais pour Dominique Voynet et son équipe, toute contestation citoyenne et habitante est obligatoirement manipulée par tel ou tel mouvement politique de la ville. Voilà une méthode qui ne fait pas vraiment avancer le débat et qui permet d’éviter de se confronter aux problèmes…

 

La dérobade de l’adjointe à l’éducation

 

La maire-adjointe en charge de l’éducation était à l’origine de cette réunion. Mais en arrivant dans la salle, les habitants se sont retrouvés seuls… face à l’adjoint à l’urbanisme visiblement pas très au fait d’un dossier dont il semble qu’il ait été écarté.

 

Pas rancunier, l’élu a toutefois excusé sa collègue déléguée à l’éducation, « retenue ailleurs »...  Cette dernière n’était en vérité pas très loin, puisqu’au même moment, elle assistait à un vernissage d’une belle exposition de photos au centre Lounès-Matoub, espérant probablement promouvoir ainsi sa candidature aux élections cantonales.

 

Peur de se retrouver face à une salle inquiète et interrogative à quelques semaines des élections ? Bravo en tous les cas pour ce courage politique qui est allé droit au cœur des participants qui avaient pris sur leur temps personnel et familial pour venir dialoguer.

 

Des habitants désireux d’échanger

 

Si l’adjointe à l’éducation avait pris la peine de venir rencontrer les habitants, elle aurait pu constater qu’ils n’étaient pas opposés à la construction d’une nouvelle école, comme tente de le faire croire injustement la maire.

 

Ils avaient simplement des questions, des inquiétudes, des souhaits et demandaient à en parler avec la municipalité pour tenter de trouver une solution qui satisfasse tout le monde. Hélas, sur ce dossier comme sur d’autres, la municipalité n’est pas dans un état d’esprit aussi constructif que les habitants et c’est regrettable.

 

Un calendrier obscur

 

Nous aurons l’occasion dans un avenir proche de revenir sur le choix du projet en lui-même, car pour l’heure il n’est juridiquement pas légal d’en évoquer les détails.

 

Au Conseil municipal du 11 janvier, nous avions demandé pourquoi une enveloppe de 3,5 millions d’euros avait été prévue dès l’année 2011 sur ce projet d’école, alors même qu’aucun coup de pelle ne pourrait être donné avant la toute fin d’année sur ce terrain.

 

Et pour cause, pendant plusieurs mois, le centre de loisirs Résistance, sera occupé par les élèves de l’école Jules Ferry 1 qui viendront y prendre leur repas pendant que le réfectoire de leur école sera reconstruit. Cela empêche donc d’envisager le moindre début de travaux avant quelques mois, sauf à imaginer faire déjeuner les enfants au milieu des sacs de ciments et des pelleteuses…

 

N’ayant pas obtenu de réponse quant à l’utilisation de cet argent lors du Conseil municipal de janvier, nous avions aussitôt reposé la question par écrit à la maire.

 

Que les habitants se rassurent, la sénatrice-maire ne répond pas plus aux courriers des élus qu’à ceux des habitants !

 

Jeudi soir, nous avons donc interrogé une nouvelle fois la municipalité sur cette étrange enveloppe. Un début de réponse, assez troublant, nous a été donné à cette occasion.

 

Ces 3,5 millions serviront à "payer des études  et à financer les premiers travaux de démolition du Centre de loisirs Résistance et ce dès octobre ou novembre 2011". Quant on sait qu’habituellement les frais liés aux études représentent généralement moins de 10 % du projet global (estimé à 15 millions d’euros), on peut s’étonner de cette réponse un peu floue. Pour l’heure, une chose est certaine, le calendrier envisagé nous semble pour le moins très serré, et la ville parie donc visiblement sur l’absence de recours contre le permis de construire, ce qui vu le manque de dialogue de la mairie, n’est pourtant pas chose à exclure.

 

Ecole de l’avenue de la Résistance : passage en force

 

Au lieu de prendre le temps d’écouter, de négocier et de rassurer les habitants, la municipalité a donc fait le choix du passage en force, une fois de plus. La maire a finalement expliqué qu’au vu de l’urgence à créer une nouvelle école, la concertation n’était tout simplement pas possible. Le problème, c’est que sur tous les projets, c’est le même refrain…Madame Voynet confond vitesse et précipitation.

 

Nous n’avons pas souhaité apporter de crédit à cette stratégie et n’avons donc pas voté cette délibération.

 

Le projet d’école du bas-Montreuil passe à la trappe

 

Manuel Martinez a enfin tenu à rappeler que ce projet de nouveau groupe scolaire de l’avenue de la Résistance était initialement pensé en articulation avec la création d’une nouvelle école dans le bas-Montreuil. C’est en tous les cas dans cet état d’esprit, que lorsqu’il était en charge de l’urbanisme, il avait travaillé avec Mouna Viprey (alors adjointe à l’éducation).

 

Mais entre-temps, la municipalité, devenue 100 % verte, a décidé de faire marche arrière sur l’école du bas-Montreuil, préférant aménager à la hâte quelques classes dans l’ancien Collège Eluard qui ne répondent absolument pas aux enjeux de la démographie scolaire sur le bas-Montreuil.

 

Réponse classique de la municipalité : « y a plus de sous ! ». Le propriétaire du terrain sur lequel il était envisagé de construire la future école du bas-Montreuil serait trop gourmand. Il demanderait trop cher à la ville pour vendre son terrain. Pour les élus RSM, cet argument n’est pas recevable. La ville dispose en effet de quelques moyens pour inciter le propriétaire à négocier, comme par exemple en l’expropriant pour cause d’utilité publique. On aurait préféré que sur ce dossier important pour les écoliers du bas-Montreuil, Dominique Voynet fasse preuve de volontarisme politique, plutôt que de céder si facilement à la résignation.

 

Quant aux questions financières, quand on trouve 15 millions pour construire un parc aquatique écologique de plein air dans une ville où l’ensoleillement est plus que limité, l’argument n’est guère recevable. La construction d’une école fait partie des compétences obligatoires d’une ville, ce qui n’est pas le cas de la construction d’un complexe de loisirs pharaonique.

 

Manque de concertation sur le projet de futur collège ?

 

Dominique Voynet a tenté alors de détourner le sujet en évoquant l’absence de concertation avec la ville de la part du Conseil général de Seine-Saint-Denis quant à la création d’un nouveau collège à Montreuil.

 

On sait que la maire répète à l’envi depuis plusieurs mois aux parents d’élèves qu’elle n’a jamais été associée à ce dossier. Mensonge ont répondu les élus RSM, qui ont brandi la liste des rendez-vous qui se sont tenus entre la Ville et le Conseil général sur ce projet (pas moins de 7 réunions en quelques mois). Acculée, la Sénatrice-maire a alors cédé à l’invective à l’encontre d’Alexandre Tuaillon, le président du groupe des élus RSM.

 

Pour aller plus loin

 

Budget 2011, les écoliers sacrifiés

Les mensonges de Dominique Voynet sur les écoles 

La stratégie de D. Voynet : la concertation de façade


Par Elus RSM - Publié dans : Conseil municipal de Montreuil
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