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"Hauts de Montreuil" : des ateliers déconcertants
Le projet des « Hauts de Montreuil » est désormais sur les rails.
Lors du Conseil municipal du 16 décembre dernier, la majorité municipale a en effet adopté toute une série de décisions juridiques qui marquent le point de départ légal du projet.
Nous nous penchons aujourd’hui sur le contenu du projet, tel qu’il est présenté pour le moment.
Vouloir « recoudre » la ville, rassembler le haut et le bas Montreuil ? Oui, mille fois oui. Mais Dominique Voynet est-elle certaine de s’y prendre de la meilleure façon ?
Le mauvais outil d’hier devient l’outil d’avenir. Cadre juridique pour le lancement du projet, la création d'une ZAC (Zone d’Aménagement Concerté) : était-ce le meilleur dispositif possible ? Ce dispositif n’est pas sans présenter quelques lourdeurs administratives et financières. On se souvient d’ailleurs des élus verts, hier dans l'opposition, qui critiquaient fortement la mise en place de ZAC... Les mauvaises langues en déduiront qu’ils font aujourd’hui le contraire de ce qu’ils critiquaient hier. Mais cela commence à devenir une fâcheuse habitude.
Une fois cette ZAC créée, il faudra bien trouver un aménageur pour la réaliser. Quelles garanties avons-nous que cet aménageur soit une entreprise publique et non un grand groupe de la construction ou de la promotion immobilière, dont Dominique Voynet dénonce si souvent les méfaits ? Aucune, puisque la concession d'aménagement sera soumise à appel d'offres. Le mieux-disant gagnera.
Combien ça coûte ? Sur les deux milliards d’euros annoncés initialement, quel sera en fin de compte le coût réel de cette opération pour le portefeuille des Montreuillois ? C'est encore un mystère qu'il nous faudra élucider.
Quelles garanties ont été prises pour éviter que nos concitoyens ne revivent l’interminable chantier du cœur de ville, qui a fini par coûter dix fois plus que ce qui était prévu ? Là aussi, mystère.
Après-après-demain on rase gratis, mais aujourd’hui ? Une chose est flagrante à la lecture des documents et en écoutant les Montreuillois. Les habitants du haut comme du bas Montreuil ne vivent décidément pas sur la même planète que celle de la majorité municipale.
Afin d’illustrer ce propos, prenons trois brèves citations d’habitants, reproduites dans le document remis aux élus et intitulé « premier bilan de la concertation sur les Hauts de Montreuil » :
· « Il faudrait déjà s’occuper de l’entretien des immeubles existants (rats, cafards) »
· « le trou de la mairie n’est même pas terminé »
· « Il faut commencer par des ateliers sur la cité de l’Amitié, sur le théâtre des Roches. Ce n’est peut-être pas le plus urgent par rapport au projet de ZAC mais c’est le plus urgent pour les habitants »
Ces quelques citations (et il y en a tant d’autres…) illustrent parfaitement la réticence des habitants, notamment de la Boissière, quant à ce projet si lointain et si flou. Ils demandent que la mairie s’occupe d’abord de leur quotidien et de l’existant. Les impatients !
Il est vrai que ce n’est pas très « photogénique » de réparer des bâtiments municipaux, d’entretenir quelques espaces publics. C’est sûr, cela ne crée pas le buzz médiatique et n’aurait pas justifié un déplacement de la maire à l’exposition universelle de Shanghai pour y vanter ce qui demeure pour l’instant encore une chimère sur plaquettes en papier glacé !
La réalité du quotidien. Habitat dégradé, structures culturelles, sociales, citoyennes à rénover. Espaces publics abandonnés. Transports en commun insuffisants. Voilà la réalité du quotidien des Montreuillois. Un quotidien qui s’impose à eux depuis trop longtemps et qui fait que, décidément non, ils ne parviennent pas à rêver avec Dominique Voynet de ce projet dont ils sentent bien qu’il ne les concerne que peu. Peu leur importe que soit créé – dans un avenir lointain – un joli quartier tout beau et tout propre s’ils constatent que la situation des quartiers avoisinants ne change pas et ne changera pas. Pour eux et leurs enfants.
L’école Nanteuil craque, les sureffectifs y sont déjà une réalité. Les travaux ne sont pas terminés. Alors les habitants demandent d’abord que l’on finisse Nanteuil. Ils demandent aussi que la municipalité envisage tout de suite la création d’une nouvelle école, pour désengorger celle existante. Quelle réponse leur fait-on ? « On construira une nouvelle école dans le nouveau quartier ». Oui d’accord, mais quand ? Et puis quelle capacité d’accueil ? Et avec les 900 logements qui vont être créés dans le cadre de cette ZAC, la future école pourra-t-elle à la fois absorber les nouveaux arrivants et les enfants déjà scolarisés sur le quartier ? Autant de questions qui restent sans réponses précises, sans engagement. En suivant ce rythme, il y a de fortes chances que le désengorgement de Nanteuil ait lieu quand les actuels CP entreront en première année de faculté !
« Les caisses sont vides ». Ce que demandent les habitants, c’est en fait rien de moins que de la cohérence entre les discours de Dominique Voynet et ses actes. La maire répète à l’envi que la ville n’a plus d’argent, ce qui a nécessité, selon elle, d’augmenter les impôts cette année. Et les habitants lui répondent : alors puisque la ville manque d’argent, il faut arbitrer entre l’urgence du quotidien et les rêves de grandeur du futur. Et entre ces deux positions, ils choisissent inévitablement l’urgence du quotidien. Ce qui se résume par cette phrase d’un habitant, extraite du bilan de concertation : « L’objectif c’est de régler les problèmes actuels, pas de fuir en avant ».
Plus vite, plus loin, plus fort ? Oui, il s’agit bien d’une fuite en avant. Rien ne pousse Dominique Voynet à aller aussi vite. Pourquoi systématiquement confondre vitesse et précipitation ?
Rien n’oblige Madame Voynet à se satisfaire d’une faible mobilisation habitante sur un projet d’une telle ampleur. Rien ne l’empêche de prendre le temps de mener une vraie concertation, de mobiliser les ressources nombreuses de notre ville pour que les habitants puissent réellement s’accaparer un tel projet.
Rien… sauf la seule volonté d’avoir des débuts de projets nouveaux à présenter aux habitants pour espérer une réélection en 2014.
Dominique Voynet ferait bien de méditer cette phrase – pleine de sagesse - d’un habitant, et qui est reproduite dans le bilan de concertation :
« les équipements sont en mauvais état. Moi je croirai quelqu’un qui annonce
‘’je ne ferai rien de neuf, je remettrai en état’’ ».
C’est modeste, mais c’est ce dont les Montreuillois ont urgemment besoin aujourd’hui.
Pour aller plus loin
La fausse concertation sur le projet des Hauts de Montreuil
Hauts de Montreuil, oser vraiment la concertation
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Quelle démagogie ! vous n'êtes pourtant pas des représentants de la vieille gauche réactionnaire de Montreuil qui pense que la ville doit rester communiste et pour cela rester dans la misère, la crasse et la médiocrité. Je pensais que vous étiez un peu plus modernes et ambitieux pour notre ville : oui il est grand temps qu'on positionne enfin Montreuil à l'échelle régionale et qu'on accepte d'avoir ici ce qui se fait partout ailleurs, et pourquoi pas mieux ? A moins que l'image Montreuil/taudis/bidonville soit votre projet politique ? je reproche des choses à mme Voynet, mais certainement pas son ambition pour notre ville, et je suis très fier de ce projet d'écoquartier qui va améliorer les conditions de vie des habitants. assez de critique populiste, un peu plus d'intelligence collective à gauche dans cette ville, ou alors c'est Noisy-le-Sec en perspective. Merci de ne pas effacer mon message.
Mais où avez-vous lu que nous militions pour un Montreuil des taudis et bidonvilles ? Avez-vous déjà visité les quartiers du haut Montreuil (actuel) pour en tirer la conclusion qu'il est urgent de créer un nouveau quartier tout beau tout propre, tandis que les alentours se dégradent depuis tant d'années ?
Car il s'agit bien d'une question d'arbitrage politique – surtout quand la situation financière est tendue - et de choix de priorités. Doit-on laisser la situation se dégrader et implanter une « pépite » isolée qui ne brillera que dans de nombreuses années ? Et plus encore, faut-il considérer que la priorité est la construction d’un complexe « Parc aquatique de plein air » pour ouvrir ce nouvel espace ?
Montreuil n’a pas le budget ni la population de Neuilly, elle doit donc hiérarchiser ses investissements. Aux Morillons, à la Boissière, aux Ramenas, aux Ruffins, aux Grands-Pêchers le constat est le même partout : structures du service public municipal vétustes, chaussées défoncées, espaces publics dégradés, éclairage public à l’agonie. Sans même évoquer les "politiques publiques municipales" endormies laissant les jeunes sans perspectives, les personnes âgées dans l'isolement, et plus globalement l'ensemble de la population attendre des bus trop peu nombreux.
A côté de cela, on dépense des centaines de milliers d'euros pour un système de vélos de location longue durée qui est un fiasco, on étouffe financièrement les associations de quartier qui sont encore présentes et qui tentent de maintenir le lien social. La misère ne fait que grandir dans des quartiers où la précarité s'est installée déjà depuis trop longtemps.
Avoir de l'ambition pour Montreuil, peut passer par la création d'un quartier tout neuf, mais il faut que le rythme de sa construction, ses priorités d’infrastructures répondent aux premiers besoins des habitants. Il ne faut pas non plus qu’une telle ambition soit synonyme de l'abandon des quartiers avoisinants et des populations riveraines.
Le premier gros chantier serait déjà de densifier le réseau de transports. J'ai l'impression que ça met beaucoup de temps, que ce soit pour le 122 ou le 127.
Etiez-vous au courant qu'hier jeudi 13 janvier 2011, des promoteurs immobiliers ont été invités à partir de 14h à visiter en car toute la ville et ses lieux de futurs constructions (en particulier le haut Montreuil) ? Une de mes relations faisait partie de ces promoteurs ; et bien dans le haut Montreuil, il n'y aura aucun appartement social dans les nouvelles constructions ; que de l'accetion à la propriété et le prix du mètre carré sera entre 3 et 4000 euros. Des immeubles avec des commerces au RDC. Ca me refait penser aux propos du Directeur de Cabinet de la Sénatrice-Maire qui indiquait il y a plusieurs mois qu'il y aurait des constructions pour l'achat dans le haut Montreuil, que cela ferait grimper le prix du m² ce qui permettra aux propriétaires actuels de mieux vendre, et que ça ferait partir les populations plus "pauvres" dans les banlieues plus éloignées. Ses propos avaient été démentis par la suite par la municipalité mais là, je constate que c'est ce qui va se passer. En ce qui me concerne, je n'ai jamais été concerté sur le(s) projets du haut Montreuil et je pense aussi, qu'avant de faire des constructions aussi coûtteuses, on ferait bien d'améliorer considérablement l'existant.