Lundi 22 novembre 2010
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En Conseil municipal du 18 novembre, Dominique Voynet a présenté
une liste de logements sociaux qu’elle souhaite construire dans des quartiers qui n’en comptent pas assez.
L’idée est séduisante. Voilà un moment que tous les responsables politiques s’accordent à tenter de promouvoir une meilleure mixité
sociale. Il faut en finir avec une politique de zonage qui trop longtemps a concentré les logements sociaux dans certaines parties de la ville, souvent reculées.
Les quartiers déficitaires en logements sociaux sont :
- « Solidarité Carnot » (20,5% de
logements sociaux),
- « Signac Murs à Pêches
»(18%)
- « Villiers Barbusse » (7,4%).
On dénombre environ 35% de logements sociaux sur Montreuil. C’est un chiffre important. Et malgré cela, il reste
encore 6.500 demandeurs de logements, qui attendent depuis parfois plus de dix ans. Leur situation, souvent dramatique, impose de la responsabilité dans les annonces qui sont
faites concernant l’habitat social.
Construire de nouveaux logements sociaux dans des quartiers qui n’en comptent pas assez, voilà une action volontariste que l’on ne
peut que soutenir. C’est d’ailleurs en cohérence avec le programme du Parti socialiste pour la ville, qui a été débattu il y a quelques jours à Lille.
Madame Voynet a donc soumis à son conseil municipal une liste d’adresses où elle souhaitait implanter les futures constructions. Et
quelle ne fut pas notre surprise de constater qu’environ 20% des implantations prévues ne se situaient pas du tout dans les quartiers identifiés comme déficitaires en logements
sociaux.
Le rééquilibrage annoncé confine parfois à l’équilibrisme.
Ainsi, le 17 avenue Faidherbe a été présenté comme situé dans le quartier « Villiers Barbusse » alors qu’il est dans
le quartier « Centre-ville », déjà bien doté en logements sociaux.
Le site du 45 rue Eugène Varlin était présenté comme situé dans le quartier "Signac Murs à Pêches", alors
qu’il est dans le quartier « Jean Moulin-Beaumonts ».
Quant aux 14-16 rue Rapatel et 56 rue Désiré Chevalier, qui ont été présentés comme situés dans le quartier «
Solidarité Carnot », les Montreuillois savent bien qu’ils se situent eux aussi dans le quartier « Jean Moulin Beaumonts ».
Au total, c’est donc un appartement sur cinq qui ne se situera pas en réalité dans les quartiers déficitaires en logements
sociaux.
On nous a expliqué que c’était « quasiment » pareil. Avis aux habitants de la Boissière, ils habitent désormais « quasiment » dans le
bas Montreuil, et à ceux du Bel-Air, qui habitent désormais « quasiment » en centre-ville ! Est-ce la nouvelle stratégie de Madame Voynet pour réduire enfin la fracture entre le haut
et le bas Montreuil ?
Quant aux localisations sur le quartier « Jean Moulin Beaumonts », les sites choisis se trouvent en plein cœur des zones de logement
social du quartier : rue Eugène Varlin, avenue Jean Moulin, rue Gaston Lauriau.
Nous avons alerté Madame Voynet sur cette situation. Sa seule réponse fut « c’est sûr que c’est très intéressant ». Fermé le
ban. Aurait-elle été agacée par cette mise en garde qui venait peut-être saper son plan de communication et mettre à jour ses petits arrangements avec la réalité ?
Dommage que Madame Voynet ne comprenne pas les enjeux qui se cachent derrière, car hélas cela donne la mesure de ce qu'il reste à faire pour rééquilibrer vraiment l'offre de
logements, et développer réellement la mixité sociale à l'échelle de la ville.
Retrouvez les autres dossiers présentés au Conseil municipal
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