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Lors du Conseil municipal du 31 mars dernier, nous avions à nous prononcer sur l’ultime étape permettant de valider la
construction du projet pharaonique de Dominique Voynet : le désormais célèbre parc aquatique écologique de plein air.
Construire une piscine dans le haut Montreuil, nous y sommes favorables. Mais la maire a beau tenter de masquer la réalité en rebaptisant son projet « piscine écologique », son projet va bien au-delà de la création d’une simple piscine, même écologique.
Nous demeurons persuadés que ce projet de grande ampleur, s’il peut répondre à des besoins dans une ville du Sud de la France, est largement surdimensionné dans une ville comme Montreuil, où l’ensoleillement y est des plus limités.
Finalement, de l’argent on en a ou on en n’a pas ?
Par ailleurs, arrive un moment où l’on se confronte à un double langage qui devient déboussolant.
La maire et sa majorité ne cessent de répéter que les caisses sont vides, que la Ville est « surendettée » et qu’en conséquence il faille faire des choix.
Les Montreuillois connaissent désormais bien ces mots de Dominique Voynet quand elle daigne participer à des réunions publiques. En général cela commence toujours par : « j’adorerais pouvoir faire [adapter ensuite selon la question posée par l’habitant : une crèche, un square, une nouvelle école dans le haut Montreuil, NDR]… MAIS la ville est très endettée et il nous faut faire des choix ».
Donc, qu’on se le dise, la Ville étant très endettée, il faut attendre pour réhabiliter un équipement municipal ou pour enfin lancer la navette inter-quartiers promise en 2008. En revanche, la ville peut se permettre de construire un parc aquatique écologique de plein air, dont la maire s’empresse de préciser qu’il constituera « la seule piscine écologique de France en milieu urbain » et qui n’a jamais constitué une proposition de campagne.
Voilà qui flattera l’orgueil des Montreuillois qui ont déjà la chance de disposer de « la plus grande MOUS Roms de France » et qui dans quelques années vivront dans une ville qui abrite « le plus grand éco-quartier d’Europe ».
Le coût inflationniste du projet
Souvenez-vous. Dans Le Journal du dimanche (7 avril 2010), Dominique Voynet inscrivait son futur projet dans une fourchette financière allant de 7 à 10 millions d’euros, somme qu’elle jugeait « raisonnable ». Deux mois plus tard, en Conseil municipal, le projet était finalement évalué à 14 millions d’euros. Cela fait mauvais genre. Mais le journaliste du Journal du Dimanche avait peut-être mal compris…
Le 31 mars dernier, lors du Conseil municipal qui devait sélectionner le projet architectural proposé par le jury de concours, on découvrait finalement que l’addition s’élèverait (si tout va bien) à 20 millions d’euros.
Entre le 7 avril 2010 et le 31 mars 2011, le projet a donc doublé (voire triplé si l’on est pessimiste). A ce rythme d’inflation (10 à 13 millions par an) l’ardoise finale pourrait s’élever à plus de 40 millions en 2013, date d’ouverture !
Déjà en juin 2010, nous alertions Dominique Voynet sur les risques financiers liés à un tel projet. Nous avions mené une étude comparative approfondie (fondée sur l’analyse de nombreux rapport des Chambres régionales de Comptes) sur les différents projets réalisés en France par le passé, et cela nous avait montré que les parcs aquatiques avaient pour caractéristique commune d’exploser systématiquement les plafonds financiers prévus, au fur et à mesure de l’avancée des travaux.
On nous avait alors traités d’oiseaux de mauvais augure, de rabat-joie. La réalité nous donne ainsi (hélas) raison. Et encore, nous n’en sommes qu’au stade des estimations sur le papier. Qu’en sera-t-il quand les travaux commenceront ?
Qui mettra la main à la poche ?
La maire tente de nous rassurer. « On aura des cofinancements ! », et l’adjointe aux sports d’annoncer que l’Etat est « très très intéressé » et qu’il pourrait le financer à hauteur de 50%. La Communauté d’Agglomération Est Ensemble ne s’est pas encore prononcée, mais Dominique Voynet semble certaine qu’elle financera. Pourtant on se souvient que pour le parc aquatique de Dole, l’intercommunalité avait refusé ce cofinancement, au motif que cet équipement n’était pas d’intérêt communautaire. Quant à la Région Ile-de-France, on sait que son « Plan Piscine » n’est destiné qu’à financer des « piscines », c’est-à-dire des bassins de natation intérieurs, avec quelques exigences en matière d’accessibilité pour les personnes porteuses de handicap. Peut-être la Ville aura-t-elle plus de chance auprès de la Fédération française de natation, auprès de laquelle l’équipe municipale semble certaine d’obtenir des fonds…
Ne cherchez pas à savoir sur quoi s’appuient précisément les déclarations de tous ces cofinancements « possibles, probables » brandis par la maire et son équipe. On n’en saura pas plus pour le moment. Mais on connaît la chanson. Il y a deux ans lors du lancement du meeting d’athlétisme on nous annonçait foule de sponsors privés… dont on attend encore le chèque aujourd’hui.
Ce projet est bien, un point c’est tout !
Ne cherchez pas non plus la moindre concertation sur ce projet qui fait couler beaucoup d’encre et qui interroge les habitants. La maire estime que c’est bien pour Montreuil donc pas besoin de débattre de son opportunité. Et l’association de solidarité « Les Jardins du cœur », qui occupe actuellement une partie du terrain du futur parc aquatique est invitée à bien vouloir aller planter ses légumes ailleurs.
Un coût de fonctionnement non évalué
Enfin, que penser de la présentation d’un tel projet (« le plus grand de France »), sans qu’à aucun moment on ne nous parle de sa maintenance ? En effet, le système de filtrage écologique est certainement une bonne chose, mais gageons que la technicité requise pour l’entretien d’une telle infrastructure n’est pas à la portée de tous. Aujourd’hui, une poignée d’entreprises européennes savent s’occuper de ce type d’équipement et sont en situation de quasi-monopole.
Que penser enfin d’un projet pour lequel il n’a jamais été évoqué le moindre coût de fonctionnement ? Combien de personnes y travailleront ? Quel équilibre financier est envisagé ? Silence total sur ces points. Peut-on dès lors parler d’une gestion responsable des finances de la Ville ?
Combien de subventions devront être baissées, combien de postes faudra-t-il supprimer dans le service public municipal, quels impôts faudra-t-il augmenter, lorsqu’il faudra boucler le budget de fonctionnement de cet équipement ?
Devant ces débordements financiers déjà constatés et ceux qui sont prévisibles, devant l’opacité et la navigation à vue sur ce projet, nous ne pouvions pas cautionner cette gestion brouillonne et avons voté contre le projet de parc aquatique écologique de plein air.
Pour aller plus loin
Le parc aquatique, est-ce vraiment une bonne idée pour Montreuil ?
Un budget 2011 loin des besoins des Montreuillois
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