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Le Conseil municipal du 2 avril était saisi du Plan local d’urbanisme (PLU) dont le vote
était particulièrement important puisque ce document fixe les contours réglementaires d’urbanisme de la ville, donc la qualité d’habitat et de vie des Montreuillois.
Un « couac » qui fait mauvais genre
Premier étonnement. Habituellement, ce sont les adjoints en charge du dossier qui présentent les délibérations. Ce ne fut pas le cas pour la présentation du Plan local d’urbanisme (PLU). Et pour cause, l’adjoint en charge de ce dossier (le Premier adjoint), avait annoncé une semaine plus tôt sa décision de quitter la majorité municipale, devenant ainsi – 3 ans après l’élection – le 11e élu de la liste « Montreuil Vraiment ! » à officialiser la fin de sa collaboration avec l’équipe dirigée par Dominique Voynet.
Les enjeux du PLU : construire la ville de demain
Le Plan local d’urbanisme (PLU) est important politiquement. Il s’agit de faire évoluer un règlement d’urbanisme qui date de 1998 et qui est devenu totalement obsolète.
En effet, le précédent Plan d’occupation des sols (POS) n’avait pas permis un développement harmonieux de la ville : des quartiers entiers ont été spécialisés. Les uns pour l’immobilier de bureau, les autres pour le logement. Lorsque des zones étaient dédiées aux entreprises, il n’y avait aucune possibilité d’y construire des logements. Notre ville était ainsi comme figée. Chacun peut d’ailleurs le constater en se promenant par exemple dans certaines rues du bas-Montreuil, complètement désertées du vendredi soir au lundi matin.
Au lieu d’artères de vies partagées, se sont construits des quartiers aux rues désertes. L’exact inverse du mieux « vivre ensemble ».
Si l’on ajoute à cela la complexité du règlement du précédent POS (complexité connue de tous les Montreuillois ayant eu à déposer un permis de construire), chacun mesure l’absolue nécessité de revoir de fond en comble le dossier. Ceci devrait d’ailleurs inciter l’ancien maire et ses amis à un peu plus d’humilité et de modestie, car si aujourd’hui les riverains s’inquiètent sur des opérations programmées, c’est aussi parce qu’elles ont été conçues selon l’ancien POS.
Ce que nous trouvons positif dans ce nouveau plan local d’urbanisme
Ces avancées nous paraissent donc de nature à favoriser un développement durable et harmonieux de la ville. Le PLU pourra d’ailleurs être amélioré par la suite, car son usage permettra de découvrir ses limites ou ses imperfections. Il sera évidemment possible de le corriger si besoin.
Spéculation immobilière. Contrairement à ce qui a pu être dit dans certaines interventions en Conseil municipal, la ville n’est pas abandonnée aux promoteurs grâce au PLU qui favoriserait leur avide appétit. Montreuil est l’une des rares villes de la région parisienne (avec Saint-Ouen et Ivry notamment) à fixer aux promoteurs un prix maximum de vente pour les logements, et ce de manière à contenir la hausse des prix observée dans notre région. Ce n’est pas une disposition qui leur fait franchement plaisir. Ce n’est pas une conséquence automatique du PLU qui peut s’en dispenser. Il s’agit là de la marque d’une volonté politique et nous espérons que Dominique Voynet et son équipe continueront à être inflexibles sur cet aspect des choses.
Environnement. De la même manière, concernant les zones naturelles, par exemple celles qui se trouvent sur les Murs à Pêches, l’indice NAG est très clair : il ne peut y avoir une « colonisation » future par du logement à fonction résidentielle. Seules des extensions d’habitats existants – et légaux, ce qu’ils ne sont probablement pas tous – sont permises… mais limitées à 10 % de l’emprise au sol existante. Un habitant vit dans 100 m2, il pourra demander une extension de 10 m2, pour la construction d’une véranda par exemple. Nulle possibilité de construire des entrepôts, évidemment. Même les bâtiments de service public ou d’intérêt collectif sont interdits en première intention. Les seules constructions permises sont celles destinées aux personnes dont la présence permanente est nécessaire (gardiennage de surveillance, etc.). C’est dire qu’elles seront limitées, voire inexistantes. C’est pourquoi sur tous les terrains des secteurs naturels, il n’y a aucun risque de voir s’installer des habitations résidentielles sous forme de lofts luxueux avec vue sur des espaces verts, que nous espérons de qualité exceptionnelle. Le PLU n’est pas l’ouverture de zones de Boboland.
Notre vigilance demeure toutefois intacte
Cela n’enlève en rien notre inquiétude sur le pilotage du développement urbain de la ville, tant l’équipe municipale de Dominique Voynet accumule les renoncements dans les engagements de campagne.
Le développement harmonieux de la ville est possible avec le PLU et il doit s’accompagner de la réalisation des équipements publics nécessaires. Prenons quelques exemples.
Ce qui est vrai pour les écoles, l’est aussi pour les équipements sportifs.
Ce qui est vrai pour les écoles et les équipements sportifs, l’est hélas également pour l’accueil des jeunes Montreuillois dans les crèches.
Ce ne sont que 3 exemples parmi beaucoup d’autres où la municipalité a renoncé trop facilement à des initiatives qui nous semblaient pourtant aller dans le bon sens.
Rester en cohérence, quelles que soient les circonstances, mais rester vigilants
Le PLU a été piloté de manière très active par Manuel Martinez entre 2008 et 2010, du temps où il était adjoint à l’Urbanisme. Il fut bouclé quelques heures avant notre expulsion de la majorité municipale, au moment de notre refus de voter la hausse des impôts locaux.
Les élus du groupe Renouveau socialiste à Montreuil ont décidé de ne pas imiter la Sénatrice-maire dans la trahison d’engagements et ont donc voté en conscience ce plan local d’urbanisme.
Ce PLU nous parait être réellement meilleur que l’ancien POS. Il est plus simple, et permet à la ville de se tourner vers une modernité plus en phase avec les besoins d’un urbanisme mixte et durable.
Toutefois notre vigilance restera grande quant à la capacité de l’équipe municipale à utiliser ce nouvel outil au mieux des intérêts des habitants. L’outil réglementaire nous semble pertinent. Mais le pilotage politique devra être suivi avec une très grande attention. Nous y veillerons.
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